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Désinformation 2.0 : l'apport pernicieux de l'IA

Dans le monde actuel où l'information circule à la vitesse de l'éclair, il est indéniable que la désinformation est omniprésente. Bien que ce fléau ne soit pas né avec l'avènement de l'intelligence artificielle (IA), force est de constater que cette dernière a considérablement facilité la création de contenus textuels, d'images et de vidéos trompeurs ou délibérément faux. Certains acteurs ne prennent même plus le soin de supprimer le prompt du texte généré.

L'industrie de la désinformation est, il faut le dire, un processus industrialisé impliquant divers acteurs distincts dans la chaîne de production et de diffusion de fausses informations. Au sommet se trouve le commanditaire, celui qui donne l'impulsion initiale en définissant les objectifs à atteindre, sans quoi cette machinerie n'aurait aucune raison d'être.

Viennent ensuite les auteurs, ces plumes agiles ou artistes spécialistes de l’image et de la vidéo qui produisent le contenu informationnel en l'orientant subtilement dans l'angle souhaité. Si cette pratique n'est pas nouvelle, l'IA permet désormais de générer rapidement de multiples versions d'un même article, interprétant les propos de manière inexacte ou parcellaire.

Le maillon suivant est le "seeder" ou initiateur, celui qui publie ces contenus sur des plateformes de blogging, des forums ou même de véritables faux sites d'information. Ils n'hésitent pas à tenter de les faire publier sur des sites d'information légitimes, en particulier locaux ou régionaux moins outillés pour la vérification des faits.

Puis viennent les "spreaders" ou diffuseurs, chargés de propager la fausse information principalement sur les réseaux sociaux. Pour ce faire, ils utilisent et récupèrent des comptes populaires diffusant initialement du contenu inoffensif comme de magnifiques photos de vacances ou des actualités sportives ou encore des informations croustillantes sur les familles couronnées, avant d'opérer un revirement insidieux en y injectant la désinformation. Ainsi exposée au public établi de ces comptes, elle est plus susceptible d'être partagée et relayée, émanant d'une source jugée digne de confiance. Cette diffusion de publications coordonnées, en anglais "Coordinated Inauthentic Behavior" (CIB), a pour but de pousser massivement les mêmes récits trompeurs, amplifiant ainsi leur portée et leur impact. 

Face à cette menace grandissante, il est primordial de rester vigilant et de cultiver un esprit critique aiguisé. Analyser les moindres détails, vérifier les sources et remettre en question les informations suspectes sont désormais des réflexes indispensables pour naviguer dans ce flot incessant de données et distinguer le vrai du faux.

 

Mes lectures de la semaine 20, du 13 au 19 mai 2024:

Image générée par Dall-e