Accéder directement au contenu
Image d'illustration

Fable 5 - entre avancée technique et leçon de dépendance

Après une longue absence sur ce blog, l'actualité technologique de la semaine passée me pousse à reprendre mon clavier le temps d'une brève.

J'ai récemment eu l'occasion de tester Fable 5, la cinquième génération de modèle d'intelligence artificielle (IA) développée par Anthropic. Ce modèle est la version grand public et bridée de Mythos. Ce dernier modèle a permis de trouver de nombreuses failles de sécurité, entre autres dans des projets open source. Je l'ai donc utilisé pour revoir l'ensemble du code du générateur de contenu de ce blog.

Il y a près de dix ans, j'ai développé mon propre système de gestion de contenu (Content Management System en anglais, ou CMS) en PHP. Mon objectif était alors de tester certains concepts d'architecture applicative. Ce code est relativement basique et reflète ma propre façon de travailler, afin de produire rapidement de petites applications à forte valeur ajoutée. Je tenais à préserver cette façon de faire.

Avant de soumettre mon code à Fable 5, je lui ai donné deux contraintes : conserver mon style de programmation et ne pas importer de bibliothèques tierces. Le modèle a respecté ces consignes. Il a identifié une faille de sécurité que je n'avais pas repérée, puis m'a proposé de nombreuses recommandations pour améliorer la qualité de l'ensemble du code. J'ai été rassuré par l'analyse et j’ai apprécié la cohérence des suggestions avec mes propres conventions.

J’ai pu "jouer" pendant deux jours avec ce modèle, car au matin du troisième, l'accès au service avait été coupé. Les États-Unis ont émis une directive invoquant la sécurité nationale, visant à limiter l'accès des ressortissants étrangers à ces systèmes. Anthropic a ainsi suspendu l'accès à ses modèles les plus avancés, Fable 5 et Mythos 5.

Comme l'a relevé un journaliste du journal Le Temps sur LinkedIn, cet épisode dépasse le simple incident commercial. Il rappelle que l'accès à un modèle d'IA peut être interrompu du jour au lendemain. Demain, la même logique pourrait toucher d’autres services informatiques hébergés dans le cloud.

En tant qu'utilisateur établi en Suisse, je constate une forme de dépendance que j'avais anticipée. Il ne s'agit plus seulement de dépendre de composants ou de serveurs, mais de dépendre d'autorisations d'accès accordées ailleurs. La souveraineté numérique n'est pas un slogan. C'est la capacité de continuer à fonctionner quand l'accès aux technologies étrangères devient conditionnel ou révocable.

Une dépendance technologique reste invisible tant que tout fonctionne. Elle apparaît le jour où quelqu'un, ailleurs, appuie sur "désactiver".

 

Mes lectures de la semaine 24, du 8 au 14 juin 2026:

 

Image d’illustration générée par ChatGPT